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Site web ou page Facebook :lequel pour un indépendant ?

Une page Facebook est gratuite et se crée en dix minutes. Alors pourquoi payer un site ? Parce que la page ne vous appartient pas, et que peu de vos abonnés la voient. Mais pour démarrer, elle peut suffire. On fait le tri.

Cédric (Halenria) JanssensCofondateur · hébergement & intelligence artificielle

5 min de lecture

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Un commerçant en tablier consulte son smartphone derrière son étal

« J’ai ma page Facebook, ça suffit. » On l’entend souvent, et c’est compréhensible : la page est gratuite, vos clients y sont, et vous savez vous en servir. Pourtant, en Belgique, les entreprises qui ont des réseaux sociaux ont presque toutes un site à côté. Ce n’est pas un hasard.

Réponse courte : Facebook est un bon haut-parleur, mais un mauvais domicile. Pour tester une activité, il peut suffire. Dès que des clients vous cherchent sur Google, il vous faut un site.

Ce que font les entreprises belges

D’après Eurostat, en 2025, 81 % des entreprises belges utilisent au moins un réseau social, bien plus que la moyenne européenne (64 %). Et 89 % ont un site web.

Ces chiffres concernent les entreprises de dix personnes et plus : il n’existe pas de statistique officielle pour les indépendants seuls. Mais le message est clair. Les réseaux sociaux s’ajoutent au site, ils ne le remplacent pas.

Vos abonnés ne voient presque rien

C’est la surprise de la plupart des indépendants. Avoir 1 000 abonnés ne veut pas dire être vu par 1 000 personnes.

D’après Socialinsider, qui a analysé plus de 870 000 publications entre 2025 et 2026, une page de 1 000 à 5 000 abonnés touche en moyenne 4 % de ses abonnés par publication, sans publicité. Pour 1 000 abonnés, ça fait une quarantaine de personnes. Plus la page grossit, plus ce pourcentage baisse.

Facebook préfère garder les gens sur Facebook. Selon les chiffres de Meta pour les États-Unis, moins de 3 % de ce qui s’affiche dans le fil contient un lien vers un autre site. Pour toucher plus de monde, il faut payer de la publicité.

Le public bouge

Facebook reste très utilisé en Belgique, mais sa portée recule. D’après DataReportal, les publicités Facebook pouvaient toucher 6,2 millions de personnes en Belgique fin 2025, soit 450 000 de moins qu’un an plus tôt. Meta a changé sa façon de compter entre-temps, donc une partie de la baisse vient du calcul, pas des départs. Dans le même temps, Instagram et TikTok progressent.

Le risque dont personne ne parle : perdre la page

Votre page Facebook ne vous appartient pas. Les conditions d’utilisation de Meta lui permettent de suspendre ou de supprimer un compte qui enfreint ses règles. Et en cas de piratage, la récupération passe par des formulaires automatiques, sans personne à appeler.

Des commerçants l’ont appris à leurs dépens. Un exemple parmi d’autres : ce viticulteur californien piraté juste avant les fêtes, bloqué plus d’un mois sans pouvoir joindre un humain, pendant que des publicités frauduleuses étaient débitées sur sa carte.

Un site, lui, repose sur un nom de domaine à votre nom : si vous changez de prestataire, vous gardez votre adresse.

Ce que les clients font avant d’appeler

Les gens ne cherchent pas « la page Facebook d’un plombier ». Ils tapent « plombier Charleroi » sur Google, regardent les avis, puis cliquent. D’après l’enquête BrightLocal 2026 (menée aux États-Unis), après avoir lu de bons avis, 54 % des gens vont voir le site du commerce, contre 24 % qui vont sur ses réseaux sociaux.

Le site sert à vérifier : vos prix, vos réalisations, votre zone d’intervention, vos horaires. Une page Facebook mélange tout cela avec des photos de vacances d’il y a trois ans et des publications que personne ne retrouve.

Quand Facebook suffit (pour l’instant)

Soyons honnêtes : dans certains cas, une page Facebook suffit pour démarrer.

  • Vous testez une activitéVous ne savez pas encore si elle va durer. Pas besoin d’investir tout de suite.
  • Votre clientèle est déjà sur FacebookUn groupe local, un public fidèle qui vous suit depuis des années.
  • Vous vendez surtout par le bouche-à-oreilleLes gens vous connaissent avant de vous chercher.

Mais dès que vous voulez des nouveaux clients qui ne vous connaissent pas, ceux qui cherchent sur Google, la page ne suffit plus. Elle se classe mal sur des recherches comme « électricien Montignies », et vous ne contrôlez ni sa présentation ni ce que Google en montre.

Le bon duo

La bonne réponse n’est pas « l’un ou l’autre ». C’est le site comme maison, et Facebook comme vitrine qui renvoie vers la maison.

  • Le siteporte l’essentiel : ce que vous faites, où, à quel prix, comment vous joindre. Il travaille pour vous sur Google, jour et nuit.
  • La page Facebookfait vivre la relation : nouveautés, coulisses, chantiers en cours. Chaque publication peut renvoyer vers le site.
  • La fiche Googlefait le lien entre les deux, sur la carte.

Le frein, c’est souvent le prix d’un site. C’est justement ce qu’on a voulu enlever : on crée votre site gratuitement, et vous décidez de le garder une fois qu’il est terminé.

À retenir

  • Une page Facebook ne touche qu’environ 4 % de ses abonnés par publication, sans publicité.
  • La page ne vous appartient pas : un blocage ou un piratage peut tout effacer.
  • Les clients qui ne vous connaissent pas vous cherchent sur Google, et vérifient sur votre site.
  • Pour tester une activité, Facebook peut suffire. Pour trouver de nouveaux clients, il faut un site.

Sujets :FacebookRéseaux sociauxCréation de siteIndépendants

Écrit par

Cédric (Halenria) Janssens

Cofondateur de votre-site.be. Sur le web depuis 1995, il a fondé Halenria et Solutions-IA. Ici, il veille sur l’hébergement : c’est lui qui garde les sites en ligne.

linkedin.com/in/cedrichalenria

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